Aimé Ferdinand David CESAIRE, 100 ans il aurait eu le 26 juin 2013
Monsieur le Député Maire,
Mesdames, messieurs les responsables d’associations,
Mesdames, messieurs,
Le 18 avril 2008 décédait en son île le poète Aimé Ferdinand David Césaire.
Le 26 juin 2013 il aurait eu 100 ans. Toute l’année 2013 des hommes et des femmes ont tenu à marquer partout où il est possible l’importance de son œuvre dans les domaines de la poésie, du théâtre et de la politique.
C’est ce que nous faisons aujourd’hui à Grenoble à travers cette exposition « J’ai apporté une parole d’homme » et la conférence qui suivra.
Aimé Césaire homme universel, appartient à tous. Il a apporté au monde une vision plus équilibrée de l’humanité.
A l’époque de la traite négrière puis du colonialisme la vision du monde était exclusivement celle de l’Europe : L’homme blanc, beau, intelligent, puissant en face de l’homme noir considéré comme meuble puis inférieur, laid, paresseux, limité intellectuellement et j’en passe.
L’œuvre de Césaire, reconnue dans le monde entier dénonce cette vision purement occidentale de l’époque et elle redonne, que dis-je, elle donne à l’homme noir ce qui lui revient : Sa dignité d’homme.
Je voudrais expliquer ici plus précisément ce qu’a apporté Aimé Césaire aux Antillais, aux noirs, à toutes celles et à tous ceux qui ont du sang nègre.
Nous autres antillais avons toujours entendu parler d’Aimé Césaire depuis notre enfance. Un homme du pays, vivant très près du peuple. Connu de tous, au point que selon l’anthropologue Philippe Alain YERO et je le cite : «la réalité était telle que de nombreux ouvriers agricoles étaient capables de citer de longs vers extraits de son œuvre ».
C’est à partir du concept de la négritude que l’antillais a pris conscience de son identité ; il a pu l’affirmer et comme l’a dit Césaire lui-même dans un entretien à René Depestre poète Haïtien je le cite: « c’était d’avoir conscience concrètement de ce que l’on est … que nous avions un passé, et que ce passé comportait des éléments culturels qui avaient été très valables, et que les nègres… n’étaient pas tombés de la dernière pluie ; qu’il y avait eu des civilisations nègres qui étaient très importantes et qui étaient belles ».
Ainsi les générations d’antillais qui suivirent ont pu vivre décomplexés et plus apaisés.
Longtemps oublié, longtemps ignoré, il faut reconnaître que depuis le décès d’Aimé Césaire, son œuvre est reconnue dans son pays, et quand je parle de son pays, je parle de la France.
En effet, de nombreuses municipalités ont baptisé des lieux de son nom : dans notre département de l’Isère les communes de Grenoble, de Crolles, de Seyssins j’en oublie peut être certaines ont leurs rue, collège, place, salle Aimé CESAIRE.
L’œuvre de reconnaissance est en marche.
Elle existe à travers la volonté de la mairie de Grenoble qui a permis l’organisation de cet événement et que je remercie.
Votre présence ici à tous témoigne aussi de cette volonté.
Merci d’être là.